Un chef d’orchestre

Les mots me manquent alors je coure.

Les mots me manquent alors j’écoute.

Ce que je ne peux exprimer, la musique le fait pour moi.

Une fois par jour, je suis un chef d’orchestre. Qu’ils soient à air, frappés, pincés l’immense majorité des instruments m’appartient.

Qu’ils soient de pierre, d’os, de bois, à corde, à peau, en herbe, en eau, de branches, il souffle pour chacun un air de liberté.

Point de convenances, leur partition est exécutée comme bon leur semble. Je suis cet homme, debout, qui du haut de sa baguette, dirige tous les instruments.

Le concert, un mot qui marie vision et audition. Voir c’est ressentir. Les couleurs, les odeurs comme les formes sont à la source de l’inspiration.

La musique se doit d’être harmonieuse. Elle se glisse sous les pas du coureur. Elle tisse avec lui un lien avec son environnement.

Chacune des notes, nées de la matière, s’exprime par le son en fonction de l’instant. Le cognitif relie le cœur à l’espace.

Un langage sonore qui anime chacune de mes sorties. En écoutant le film « Le concert » de Radu Mihaileanu, Tchaïkovski m’a transporté sur les chemins de la félicité.

Voyage intemporel, au pays de la musique pure ou imitative. Un langage sonore qui m’accompagne tout au long de mes sorties.

La nature exprime par le son, son vécu.

Je la capte et la traduit en fonction de ma vie intérieure. Le temps est une succession d’événements.

Par les temps qui courent, fuir les contingences matérielles par la course, pour aller en direction de la douce harmonie de l’effort.

Le souffle de l’air inspire les instruments à vibrations. Les corps solides, comme la pierre ou le végétal, sont frappés ou frottés, par les forces naturelles.

Une technologie créative dont la nature dispose à l’infini. Elle est l’immense orchestre que mon âme dirige en courant.

Elle créée l’instrument avant de l’exploiter.

 
 

 

Écrit par Gilles Grindler
Catégorie :