Les saisons de Vivaldi

Les saisons de Vivaldi sont vécues de l’intérieur.

On écoute la musique en trois dimensions.

L’automne c’est le temps de la mélancolie.

Imaginez le mouvement du coureur le matin, évoluant sur un tapis de feuilles mortes. La caresse du pied, sur l’épaisse couche végétale, donne le rythme.

On frappe comme le pinceau sur la peau.

Les percussions respirent en fonction du terrain.

Accidenté, le souffle court, le tempo s’accélère.

Les jambes accompagnent le mouvement en un pas de danse unique.

Fluidité, légèreté, fluttes et clarinettes, vivent au rythme de l’air.

L’espace est à vous, vous êtes l’espace !

Votre cœur s’approprie l’univers.

Sentiments et pensées, fabriquent les sons.

La nature se donne toute entière.

On vie les derniers beaux jours.

Ces jours longs et ensoleillés, qui font le plaisir des vacanciers.

Y a-t-il une corrélation entre soleil et beauté ? Non.

Le temps est beau quand il est créatif.

Quand les lumières, les couleurs, les formes et les âmes, s’accordent pour offrir au regard ce qu’aucun Humain n’aurait imaginé.

Le vent joue avec force à travers les branchages.

La feuille sèche résistent puis s’envolent, en tirant leur révérence.

Les couleurs ne sont qu’une expression de dédain envers une mort annoncée.

C’est un feu d’artifice. Les violons pleurent. Les couleurs éclatent.

Peut-être veulent elles prendre l’âme du coureur ?

Un voyage visuel, vers un lieu fait de rêveries et de séduction.

Un geste dérisoire, aussi triste qu’une femme trop maquillée, qui annonce la fin.

Qui croit qu’en ces jours incertains, elle recevra encore un peu d’amour.

Pathétique image de l’automne, qui courbe l’échine, baisse la tête et s’éclaire de mille feux.

Alors, le clavecin, raconte en quelques notes, la lente agonie de la nature. La lassitude le fait frissonner.

Pourtant le coureur, ne fait qu’un, avec son environnement.

Son isolement est total. Il frissonne en compagnie des violons.

Écrit par philippe
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