L'adagio de l'hiver

La neige atténue les sons, mais accentue, par son poids la douleur des arbres.

Ils gémissent, se plaignent, dialoguent en de longues et sombres mélopées.

Les hautbois, partagent cette sensation d’écrasement.

Plus haut, les nuages défilent, pressés par la tempête. Ils courent vers l’horizon et je les suits.

Le vent siffle aux sommets des arbres.

Furieux au rythme des violons, Ils accentuent le froid.

L’eau se fige.

La glace craque, se tortille, s’effile et scintille.

Telle une lyre, elle s’essouffle, avant de se figer dans le silence pesant de la forêt. Des forces viennent frapper le fragile édifice.

Cymbales, grelots, tout s’agite, entraîné dans la danse magique de l’hiver.

Le pas n’a plus de son.

L’adagio de l’hiver m’hypnotise.

La caresse de la flûte, se dépose en de longs de voile blanc, sur une nature qui a cessé de se défendre.

La douceur des paysages est le berceau de la mélancolie.

Les skis glissent, sur des cristaux de neige.

Corps inerte, qui attend les beaux jours pour disparaître.

Je sais que les jours les plus beaux sont ceux qui offrent à ma vue, ces immenses étendues de velours blanc.

Je glisse sur les cordes du violoncelle.

Le son est fonction de l’épaisseur et de la qualité de la neige.

Plus il fait froid, plus il est tendu.

Parfois il s’exprime en trémolos.

Mais la musique qui m’envoûte, née de la profondeur du silence.

Seul, avec lui, nous plongeons dans le néant comme un gros flocon porté par l’air.

Écrit par philippe
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